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Le Rayonnement de Abdel Qader al Jilani (partie I)(2 partie)

 
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jnoun735
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madagh

MessagePosté le: Mar 1 Déc - 07:48 (2009)    Sujet du message: Le Rayonnement de Abdel Qader al Jilani (partie I)(2 partie) Répondre en citant



: “Les incroyants sont comme des gouttes d’eau tombées dans la terre, les croyants comme des gouttes d’eau dans la mer. Ces derniers sont unis à leur origine, les autres sont emprisonnés dans le limon terrestre. L’extérieur est périssable. L’intérieur est éternel.”
Mais qu’est-ce qu’un croyant ?
N’est-ce pas celui qui a l’intime conviction qu’au coeur de tout être vivant et de toute la création, il y a une Beauté, un Sens ultime, une Vérité, un Amour indéfinissables et impérissables, au-delà de toutes les apparences extérieures, au-delà de ce que nos sens limités nous font percevoir.
Le croyant n’est-il pas celui qui, d’une certaine manière, a éveillé son sixième sens, “l’oeil du Coeur” qui lui fait percevoir l’unité transcendante de toutes choses. Quel que soit le chemin qui est emprunté dans la vie, croire n’est-il pas reconnaître cette “interconnexion” entre soi-même, les êtres et le monde, et empli d’un respect profond pour ce miracle qu’est la Vie, tenter de conformer notre vie et nos actes à ce qui est grand, ce qui est beau, ce qui est juste et ce qui est vrai.
Dans cette vision des choses, l’incroyant est plutôt semblable à quelqu’un qui est “aveugle” sur sa véritable nature. Ouvrir les yeux sur ce que nous sommes vraiment au fond de nous-même apporte une Liberté extraordinaire auquel tout être aspire ici-bas.
Croire n’est alors plus seulement une question de suivre, mais de vivre, sentir, comprendre et … Aimer !
Le Rayonnement de Abdel Qader al Jilani (partie I)
Abd’l Qader al-Jilani (1083-1166) occupe une place centrale dans l’histoire du soufisme. Fondateur éponyme d’un ordre soufi présent absolument partout dans le monde musulman, il fit également de son époque un moment charnière en établissant et légitimant durablement la mystique confrérique au sein des sociétés musulmanes.
En effet, avant lui, avant le XIIe siècle, le soufisme était encore l’affaire d’ascètes isolés, en marge du commun des musulmans. Cette attitude de retrait était à la fois productrice de fascination à l’égard de ces sages ermites retirés du monde, et à la fois de désapprobation voire de critiques acerbes envers leurs actes et paroles. Nous retrouvons ici cette systématique séparation entre d’une part l’engouement d’une religiosité dont la popularité n’a jamais contrarié l’expression éthique et métaphysique et d’autre part la suspicion des « officiels » de la religion pour une pensée et surtout des usages qui n’avaient pour eux que de vagues atours coraniques.

Il faut dire que les premiers siècles de l’Islam sont conjointement témoin de la croissance d’une religion civilisation qui se cherche une forme politique, économique et législative, mais aussi une forme de spiritualité spécifique, déjà marquée par les différentes aires culturelles qu ‘embrasse l’Islam classique (VIIe-Xe siècle). C’est dans cette période que parallèlement se structure la loi religieuse (Shari’a) et que se découvrent les « sentiers de la Gnose ». Naturellement, ce n’est qu’après avoir goûté à la voie spirituelle que les écrits des premiers soufis voient le jour, témoin imparfait, mais ô combien précieux pour le cheminant, désireux (murid) d’approcher la voie soufie et, peut-être, de rencontrer un de ses maîtres.
Les premiers grands ouvrages du soufisme circulent dans tout le monde musulman et des écoles réputées émergent rapidement. Baghdad est alors l’un des premiers berceaux du soufisme à l’époque. C’est ici, dans la capitale abbasside, au plus près exposées aux réprobations des Oulémas “doctes”, que les plus importantes réflexions sur le soufisme ont lieu. Est-ce orthodoxe ou non ? Qu’est-ce que le ravissement extatique ? Est-ce prévu par la loi, où est-ce une innovation ? Quel est le but du soufisme ? Et la place des guides spirituels ? Sont-ce de nouveaux prophètes en puissance ? etc.…
Cette époque d’explicitation du soufisme et de ses mobiles va se poursuivre encore pendant plusieurs siècles à travers à la fois de successives synthèses, mais aussi des traités de métaphysique très élaborés (Ibn ‘Arabi). Parallèlement, le XIIe siècle voit progressivement s’intégrer le soufisme dans l’espace civile de la cité musulmane. Ce processus va s’accompagner progressivement d’une mutation structurelle des voies soufies, de mieux en mieux organisées bien que ne laissant pas encore présager des futurs « ordres » dont on pourra constater dés le XVIe siècle leur importance dans les sociétés musulmanes, ne serait-ce que par les complexes monumentaux qui leur seront attribués dans l’espace urbain.
L’œuvre d’Abdel Qader al-Jilani s’inscrit pleinement dans cette visée et inaugure précisément une nouvelle ère, celle des grands maîtres fondateurs de confréries.
Muhyiddine Abdel Qader al-Jilani est originaire de Niff, une petite ville de la province du Gilan (ou Djilan), au sud-ouest de la mer Caspienne. Il serait né en 1077 bien que d’autres sources évoquent la date de 1083. Abdel Qader était par son père descendant d’Ali Ibn Abi Talib, gendre du Prophète Mohammed. Sa mère qui avait déjà soixante ans à la naissance d’Abd’l Qader, s’appelait Fatima, et son père (grand-père maternel d’Abdel Qader) était lui aussi descendant d’Ali Ibn Abi Talib par Hussein.
Les légendes rapportent qu’Abdel Qader naquit le mois de ramadan et que l’enfant ne voulut pas prendre le sein avant le coucher du soleil. L’année suivante, les habitants de Niff n’ayant pu apercevoir la Lune, par suite de l’opacité des nuages, étaient dans l’incertitude pour commencer leurs jeunes. Ils eurent l’idée de s’adresser à la mère d’Abdel Qader, pour s’enquérir si son enfant avait accepté ou non d’être allaité.
Encore tout petit enfant, il apercevait des êtres spirituels, que ne pouvait voir son entourage. Lorsqu’il eut l’âge de fréquenter l’école, il revit à plusieurs reprises ces êtres l’accompagner.
À dix-sept ans, se produisit un étrange évènement qui devait avoir sur sa destinée une importance exceptionnelle : on se trouvait à la veille d’une fête, et Abdel Qader avait voulu profiter de ces heures de liberté pour se promener seul dans les jardins et la campagne avoisinante. Sur sa route, devant lui, un boeuf paissait dans une prairie. Plongé dans une vague rêverie, notre promeneur le considérait sans trop d’égard ; lorsque soudain l’animal lui fit face et il l’entendit lui dire à haute et intelligible voix : « Ta mission n’est pas d’être laboureur ». Puis, il se sentit envahi par une violente et indescriptible émotion, qui se traduisait par des sanglots et des larmes, qu’il était impuissant à maîtriser. Effrayé par ce miracle, et pour cacher son trouble, il regagna précipitamment sa maison et courut d’un trait se réfugier sur la terrasse, où il espérait pouvoir retrouver son calme et rassembler ces esprits. Mais qu’elle ne fut pas sa surprise ! Lorsque ces regards se portèrent sur l’horizon, qu’il était pourtant bien familier, il aperçut un tout autre paysage. Ce n’était plus Niff et sa campagne, mais le mont Arafat , avec des milliers et des milliers de pèlerins marchant en procession compacte ; ils se déplaçaient en rangs serrés, se rendant à la Mecque. Profondément troublé par ce prodige, il alla tout confier à sa mère.
Dans la suite, il dut la supplier de le laisser partir pour Bagdad, afin qu’il aille s’instruire dans une école de droit et fréquenter les saints personnages réputés de cette époque. Sa mère, se résigna à son départ et lui remit tout ce qu’elle possédait. Abdel Qader prit la moitié de cette somme et laissa l’autre moitié pour son frère. Fatima enferma alors l’argent de son fils dans un sachet qu’elle cousit soigneusement sous l’aisselle dans la couture de la manche de son vêtement. Elle lui fit également faire le serment de ne jamais s’écarter du sentier de la droiture et de ne mentir jamais.

Le Rayonnement de Abdel Qader al Jilani (partie II)
‘Abd’l Qader al-Jilani (1083-1166) occupe une place centrale dans l’histoire du soufisme. Fondateur éponyme d’un ordre soufi présent absolument partout dans le monde musulman, il fit également de son époque un moment charnière en établissant et légitimant durablement la mystique confrérique au sein des sociétés musulmanes.

En ces temps lointain, les voyages n’étaient pas chose faciles. On devait attendre le départ d’une caravane et l’accompagner. L’escorte avait à peine quitté la ville qu’elle fut rejointe par des brigands montés sur des chevaux. Après avoir razziés tout ce que comportait la caravane, l’un des brigands alla demander une dernière fois si l’assemblée leur avait caché quelque chose ; ce dernier n’avait alors pas aperçu dans le bagage d’Abdel Qader quoi que ce fut de quelques valeurs et il allait passer outre lorsque notre jeune voyageur avoua receler sur lui 40 pièces d’or. Surpris qu’un jeune homme si modestement équipé porte sur lui une somme pareille, il crut une plaisanterie et en fit rapport à son chef qui lui fit la même question. Fidèle à son serment, Abdel Qader déclara être porteur de 40 dirhams que sa mère avait enfermé et cousu sous son aisselle dans la couture de sa veste. Ce qui fut constaté par les bandits stupéfaits de l’innocence et de la franchise du jeune homme. Le chef de cette bande de pillards alla alors l’interroger et voulut savoir pourquoi il n’avait pas tenté de conserver son argent si bien caché en gardant le secret ? Abdel Qader compta alors son histoire, et le serment qu’il avait fait à sa mère : de ne jamais mentir ni de s’écarter du droit chemin. Ce récit fit une telle impression sur le coeur de cet homme, que dés cet instants il renonça à la vie criminelle qu’il menait. De même que tous ces acolytes.

Abdel Qader s’était rendu à Bagdad dans l’intention d’y étudier le droit musulman. Mais à quelle école ? Beaucoup de grands savants y enseignaient, chacun suivant le rite de son fondateur. A la Nizzamiyya, principalement, de renommés savants telle que Mohammed Ghazali (m. en 1111), ainsi que Tabary, brillaient telles de lumineux flambeaux à leur chaire. Mais ces maîtres enseignaient le droit chaféite et notre jeune étudiant ambitionnait lui d’étudier les sciences juridiques des Hanbalites. Peut-être faut-il s’en référer à la région d’origine d’Abdel Qader, le Jilane, où le peuple suivait le rite Hanbalites pour y trouver une explication. Toujours est-il que c’est au début de l’année 1095, alors que le jeune Abdel Qader s’apprêtait à faire sa rentrée, qu’un événement impressionna fortement le monde universitaire de Bagdad : Ghazali, l’illustre professeur de la Nizamiyya s’était démis de ses fonctions et les avait confié par intérim à son frère Ahmed pour fuir la capitale des califes.
Cet événement était devenu un fait de premier ordre pour les milieux scientifiques de Bagdad et chacun était anxieux de pénétrer les raisons qui avaient déterminé cette brusque retraite de Ghazali. Peut-être, pensait-on, redoutait-il de perdre l’appui et l’estime des dirigeants ? Peut-être craignait-il quelques mauvais traitements de leur part ? Quelle pouvaient être ces craintes et le motif réel qui l’avait incité à quitter la ville ? D’autant que les grands oulémas n’avaient en rien changé leur opinion et gratitude envers Ghazali qui conservait toujours les mêmes égards.
Dans un ouvrage, Ghazali nous en donne lui-même l’intime raison. Il faisait observer que les connaissances acquises par l’expérience ne correspondent pas toujours à la réalité, qu’il se devait de rectifier ces erreurs des sciences à l’aide de la raison. Mais, ajoutait-il, cette raison est-elle un guide sûr ? C’est en se posant ses questions que Ghazali s’étaient sentis entraîné par le désir d’atteindre la certitude absolue et qu’il avait abandonné non seulement l’université mais encore sa famille qu’il affectionnait très tendrement. Et cela pour pénétrer dans un nouveau monde plein de solitude et de recueillement. Avant cette prise de décision, la vie professionnelle de Ghazali était ponctuée d’épreuves morales autant que physiques des plus poignantes. Sa santé, tout d’abord, s’était à ce point altérée qu’elle lui refusait tout repos ainsi que la possibilité de s’alimenter. Au point culminant de cette crise, il lui devenait même impossible de donner ses leçons car il perdait l’usage de la parole. C’est pour cela qu’il consentit à tout abandonner.
Le jeune Abdel Qader, à l’image du tout Bagdad fut profondément impressionné par cet événement. Dans le même temps, l’étudiant vis qu’il pouvait légitimement se demander s’il pourrait un jour trouver sa place parmi les grands professeurs de la mésopotamienne capitale. Car à cette époque, de nombreux hommes de génie rivalisaient dans diverses disciplines, tant et si bien qu’il semblait impossible de marcher dans leur pas, se fondre à leur suite.
En matière d’exégèse, Ghazali d’abord semblait avoir
parachevé une oeuvre colossale mais d’autres
grands noms s’étaient également illustrés. Dans les
Hadiths, les Sahih et les Musned étaient publiés depuis longtemps. Quant aux sciences de la jurisprudence, de célèbres docteurs s’étaient déjà distingués. Dans la théologie, les Baghdadiens avaient déjà entendu les cours d’Abu Hassan al-Achari, Cherrestani, ou encore de Ghazali. En philosophie, c’était toujours dans l’ombre du savant philosophe Avicenne (m. en 950) que tous les autres oeuvraient. En littérature, Zamarkchari (m. en 1075) avait publié ces « colliers d’or ». Tous ces ouvrages étaient déjà entre les mains d’un innombrable public, les égaler paraissait bien difficile, et les surpasser restait plus encore impossible.


Le Rayonnement de Abdel Qader al Jilani (partie III)
Abd’l Qader al-Jilani (1083-1166) occupe une place centrale dans l’histoire du soufisme. Fondateur éponyme d’un ordre soufi présent absolument partout dans le monde musulman, il fit également de son époque un moment charnière en établissant et légitimant durablement la mystique confrérique au sein des sociétés musulmanes.

Bagdad




Il advint aussi qu’une fois ses maigres ressources épuisées, la misère vint toucher le jeune Abdel Qader. En quête de nourriture, celui-ci sortait alors vers les bords du Tigre ou à la campagne à la recherche des déchets de légumes et de salades laissés par les cultivateurs. En d’autres temps, c’était les fruits du caroubier qui lui servaient d’aliments. À peine vêtu, il circulait pieds nus dans les sables, les pierres, les ronces, les épines des chemins. N’ayant pas de domicile, il passait ses nuits par la ville, dans les ruines de Madaïne .
Pour comble d’infortune, il était fréquemment sujet à des évanouissements, des défaillances, voire des extases qui se prolongeaient parfois durant de longues heures. Il avait alors toutes les apparences d’avoir cessé de vivre. Il arriva une fois où ces états de léthargie se prolongèrent tant que ceux qui le virent le crurent réellement mort et firent procéder aux soins mortuaires puis l’emmenèrent au cimetière avant qu’un ultime remuement de paupières lui évita l’enfouissement. Parfois il éprouvait aussi l’étranges sensations, qu’un poids incommensurable retombait su ses épaules. Telle une montagne renversée sur lui.
Pendant ce genre de crise ils se jetait à terre et récitait les versets coraniques suivant :
« Et en vérité, à côté de l’adversité est l’aisance, oui à côté de l’adversité est le bonheur ! »
Coran IVLC/ 5- 6


En
Siège de Bagdad par les Mongols en 1258





travée par tant de misère et de souffrance, il se demanda alors comment fréquenter les écoles et poursuivre ses études.
Parallèlement, en ce qui concerne la capitale des califes, sa désillusion allait grandissante. Etait-ce vraiment la sainte métropole célébrée comme étant Le château des saints ! Quel contraste frappant entre quelques scènes de vie de Bagdad et la vie si simple à laquelle il était accoutumé dans les vallées vertes et paisibles du Djilane ! Les flots berceurs de la mer Caspienne et les chanteurs ailés des grands chênes des montagnes de son pays, lui avaient fait entendre une mélodie autrement plus douce et suave auprès de laquelle celle du mouvement de Bagdad n’était que bruit détestable et odieux !
Bagdad à en effet été chanté jusqu’à l’exaltation par différents poètes , d’autres l’on chanté sans indulgence et ne semblent avoir connu d’elle que l’angoisse et l’amertume. Parmi les nombreuses poésies dédiées à Bagdad, l’une d’elle commence par ces mots :
Le messager de la mort c’était déjà levé contre la ville Bagdad ; or, que celui qui la pleure verse des larmes sur elle à cause de la dévastation du temps. (…)
Et un autre :
Bagdad est une demeure vaste pour les riches ; mais pour les pauvres c’est l’application de la gêne et de l’angoisse.
J’errais égaré dans ses rues, comme si j’eusse été un exemplaire du Coran dans la maison d’un athée.

Cette dernière poésie semble faite tout exprès pour Abdel Qader. Lui aussi se sentait égaré, perdu ! Il se disait que dans cette ville devenue si dépravé, au sein d’une société pareille, comment pouvait-il gagner honnêtement un morceau de pain, légitimement acquis, et le consommer sans remords ! Alors un beau matin, lui aussi s’enfuit de Bagdad.
A l’heure la plus matinale, Abdel Qader s’apprêtait à quitter Bagdad. Mais avant qu’il pu franchir la porte Halbeh, un choc des plus violents, le fit s’écrouler à terre. Pensant avoir eu affaire à un passant trop pressé, il se releva pour reprendre sa route. Là encore il dû s’arrêter et céder le pas à un inconnu qui semblait se faire un jeu de sa tentative de passer. Un troisième essai fut plus décisif encore car à ce moment un pouvoir étrange qui émanait de cet inconnu, immobile devant lui, paralysait ses membres et sa volonté. De lui émanait encore un ordre, celui de « demeurer à Bagdad pour préparer une oeuvre dont les hommes plus tard lui sauraient gré ». Puis, de même qu’à Niff, il se sentit pénétrer d’une émotion aussi puissante qu’indéfinissable tandis que l’inconnu disparaissait. Après un tel événement, Abdel Qader renonça à son départ. Il se sentait destiné à devoir se résigner, à supporter toutes les difficultés, qu’elle qu’elles fussent.
« Dieu ne modifie point l’état d’une communauté, tant que ses membres ne modifient pas ce qui est en eux mêmesإِنَّ اللّهَ لاَ يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى
 يُغَيِّرُواْ مَا بِأَنْفُسِهِمْ».
Sourate 13. « le tonnerre » verset 11. Coran

Lorsque nous allons à la rencontre des textes sacrés, il est fréquent de se heurter à une difficulté majeure : ces textes, pour la plupart d’entre eux, donnent accès à plusieurs sens et niveaux de compréhension.
Chaque texte sacré est porteur de plusieurs sens, non pas dans la diversité de ses propos, mais par la profondeur verticale du message qu’il comporte en lui. Il est une sorte de porte unique donnant accès à plusieurs endroits à la fois, suivant le niveau de compréhension, l’aspiration spirituelle, et l’intention initiale de celui qui ouvre cette porte.

Cette profondeur, à la fois perceptible par une sorte d’intuition intérieure et voilée par une mystérieuse sagesse, nous laisse inéluctablement dans un état de perplexité. Une perplexité évoluant au sein même de notre compréhension des réalités Divines. Quel mystère !
L’une des sagesses de l’Islam nous dévoile queles connaissant de Dieu sont ceux qui sont en lui les plus perplexes*“.
Pour les modernes que nous sommes, se pose donc un grand problème.
Comment être connaissant et perplexe à la fois !!! C’est impossible !!!
Et pourtant…

Il y a une nuance entre : un être perplexe en chemin vers une connaissance toujours plus grande et un être ignorant et fière de l’être.
Nous ne nous attarderons pas sur le deuxième exemple, essayons de ne pas plomber l’ambiance, o_O’ .
La perplexité dont il s’agit ici est donc synonyme d’humilité, le texte peut donc être comprit dans le sens suivant : “les connaissant de Dieu sont ceux qui par humilité renoncent à leurs représentations de la réalité (Haqiqa**), au profit d’une connaissance plus complète dévoilée par un don et une miséricorde divine
Et c’est ici que le premier verset que j’ai cité plus haut entre en jeux et prend son sens le plus percutant.
Au delà du “aide toi et le ciel t’aidera” que certains traducteurs utilisent pour expliquer ce verset.
Le mot

 بِأَنْفُسِهِمْ
 Bi-anfusihim est traduit habituellement paren eux même mais peut aussi et surtout l’être paren leurs âmes“.
« …Dieu ne modifie point l’état d’une communauté, tant que ses membres ne modifient pas ce qu’il y a dans leurs âmes…».
Que devons nous modifier dans cet âme?
Dans une perspective initiatique authentique, et auprès d’un vrai guide spirituel, cette modification se traduit par une purification et apaisement, puis l’embellissement et l’élévation des âmes qui en résulte.
En fait nous modifions, par un travail de polissage, les imperfections de cette âme qui nous empêche de voir la vérité, vivre la vérité, être la vérité…

Il faut donc déceler dans ce verset une grande injonction divine à ce que chacun de nous, de quelques traditions que nous soyons, entreprenne une démarche intérieure de purification et apaisement de son âme, d’y déployer toutes les ressources nécessaires dans la mesure du possible “CF la photo en haut” , puis surtout, une bonne fois pour toute, arrêter de croire que nos problèmes proviennent toujours des autres. c’est avec cet état d’esprit que le cheminant doit commencer sa quête de vérité.
A bon entendeur


* Certains traduisent cette sagesse par “les connaissant par Dieu …”, d’autre par, “les connaissant de Dieu …”. Nous pensons quand à nous que c’est les deux sens à la fois car celui qui accède à la connaissance par la grâce et la volonté Divine est forcément un connaissant de Dieu.

** Le mot Haqiqa signifie littéralement Vérité et désigne pour les Soufis la station spirituelle ou le chercheur accède aux réalités et à la vérité Divine.



jnoun735


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